10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 23:31
Article du Magazine Marianne.

Nomination d'une médiatrice et d'un groupe de travail au sein du groupe parlementaire UMP, Valérie Pécresse aura du mal à éviter sa démonétisation. Elle mise sans doute sur le maintien du reste de la réforme sur l'autonomie.

« Il n'y a pas d'amour sans preuve d'amour. Et des preuves à la communauté universitaire, nous en donnons tous les jours. » Cet après-midi, devant les députés, Valérie Pécresse n’a pas manqué de culot pour défendre sa réforme de l’université. Mais c’était peine perdue. Etudiants et enseignants-chercheurs n’ont vu ces derniers temps chez la ministre de l’Enseignement supérieur que des preuves d’amour vache et, cet après-midi, ils ont décidé d’y répondre en descendant en nombre dans les rues. À Paris, ils étaient entre 17 000 (selon la police) et 50 000 manifestants (selon les syndicats). Sur tout le territoire, ils étaient entre 40 000 et 80 000.


C’est un fait : la mobilisation est réussie. Mais cela veut-il pour autant dire que ça sent le roussi pour Valérie Pécresse et son décret de modification du statut des enseignants-chercheurs ? En tout cas, certains signes laissent à penser que l’espérance de vie de ce texte a très largement diminué. Déjà hier soir, sur France Info, elle avait annoncé la nomination d’une médiatrice, Claire Bazy-Malaurie, chargée de repatiner le décret tant controversé. Un premier pas en arrière qui ne disait pas son nom : dans la cosmologie sarkozyste, la désignation d'un intermédiaire entre le ministre et ses administrés signifie que ledit ministre est un interlocuteur décrédibilisé. Il suffit de se souvenir comment, alors qu'il n'était même pas encore président, Sarkozy avait négocié dans le dos de Luc Ferry le retrait de sa réforme.


Aujourd’hui, on apprend que, sous couvert d’apaisement, la majorité  fait un nouveau pas en arrière : trois « têtes pensantes » ont en effet été désignées pour étudier le dossier. Jean-François Copé, le patron des députés UMP, a annoncé que Benoist Apparu (rapporteur de la loi LRU, ndlr), Daniel Fasquelle et Claude Goasguen allaient former un « groupe de travail » chargé de désamorcer la situation tout en assurant la ministre de leur « soutien total ». Mais en politique, on le sait, les commissions, les comités de réflexion et les groupes de travail n’ont souvent pour but que d’enterrer de dérangeantes questions...


Une réforme pas «pertinente» selon François Goulard 

Ce sera peut-être encore une fois le cas. D’autant qu’au sein de la majorité, tout le monde n’est pas prêt à persévérer dans la voie du « soutien total » à Valérie Pécresse. Sur Radio Classique, François Goulard, député villepiniste et ancien ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche de Galouzeau a appelé au retrait de « ce projet de décret » : « Le dossier délicat doit être repris, mis à plat. Tout ceci montre la faiblesse de la réforme sur l’autonomie des universités. (…) Il faut se donner le temps de préparer des réformes pertinentes. Quittons cette illusion que tout peut changer en quelques mois. »


Mais si Valérie Pécresse finit par revenir sur le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, rien ne dit qu’elle fasse de même sur la question de la masterisation de l’IUFM (la formation des institueurs) critiquée par beaucoup. Et les présidents d’universités et les enseignants-chercheurs se sont avant tout mobilisés contre le décret. Ils pourraient très bien quitter le navire de la contestation si Valérie Pécresse le retirait. Du coup, à bord, les étudiants contestataires se retrouveraient bien seuls. Mais n'était-ce pas le but de la manoeuvre ?

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Published by David Guillerm - dans Université
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Nous sommes aujourd’hui face à une crise économique, sociale et environnementale sans précédent. Dans cette période confuse où les puissants voudraient nous faire croire que seule une mondialisation sans barrière pourrait nous aider, nous nous devons de leurs rappeler qu'ils sont là pour protéger leurs concitoyens et améliorer le niveau de vie de tous. De nouveaux modèles sont sur le point d’émerger et ceux-ci sont les proies de lobbies de toutes sortes. Il est impossible de savoir quel sera le modèle majoritaire de demain mais notre époque donne la possibilité à chacun d'entre nous d’influencer sa forme, c’est pourquoi nous devons combattre ces idées moutonnières qui privilégient les profits et la croissance face à un modèle plus durable et égalitaire pour les Hommes et à la redistribution des richesses.

David Guillerm,

Président des Jeunes Démocrates de Bretagne

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