Vendredi 20 novembre 2009
Introduction de l’Office de la langue bretonne/ Ofis ar Brezhoneg
La campagne Ya d’ar brezhoneg a été lancée en 2001 à l’occasion de l’année européenne des langues. S’adressant au départ
au secteur privé, elle a rapidement montré son succès et rassemble en 2009 plus de 650 signataires.
En 2004,
l’Office de la Langue Bretonne a ouvert la campagne aux
communes. Au 1er octobre 2009, ce sont 119 communes des 5 départements bretons qui l’ont signée. Elles représentent plus d’un million d’habitants, soit un habitant de Bretagne sur
quatre, de Pornic à Ouessant et de Rennes au Guilvinec.
De plus en plus la langue bretonne est portée par les pouvoirs publics, le bilinguisme s’enracine dans la vie publique,
naturellement. Le dernier sondage réalisé par Fañch Broudig et l’institut TMO montre que les habitants de Bretagne, sur l’ensemble du territoire, souhaitent voir la langue se développer (88% - chiffres équivalents en Haute et Basse Bretagne). Ils sont 75% à souhaiter plus de panneaux
bilingues, là aussi sans distinction géographique (74% en Haute-Bretagne), et veulent également que l’enseignement se développe (83% en Basse Bretagne et 88% en Haute Bretagne). Chaque année, les
trois filières d’enseignement bilingue progressent sur les cinq départements.
En cela également la charte concerne l’ensemble des bretons, afin de préparer pour les jeunes d’aujourd’hui qui seront
les adultes de demain, une société bilingue dans laquelle ils pourront s’épanouir en dehors des murs de l’école, quelle que soit leur origine géographique. A l’enjeu d’égalité d’accès s’ajoute celui de transversalité, pour sortir la langue du domaine uniquement culturel ou linguistique. Une société bilingue
signifie également de proposer un réel bilinguisme tant sur le plan de la qualité que de la quantité. Sortir définitivement des pratiques historiquement datées où la langue s’affichait comme un
simple symbole, ou une marque de breizhitude, en limitant la place du breton à quelques titres, idées fortes, ou slogans, pour passer au bilinguisme
adopté depuis longtemps par d’autres pays Européens, où les deux langues ont une place équivalente, côte à côte, pour un égal traitement des
Bretons quelque soit leur langue.
La langue Bretonne doit être portée par les politiques
Les institutions prennent de plus en plus la langue bretonne en compte. Nous sommes
cependant loin de l’exemple des régions autonomes espagnoles ou encore du pays Basque français (30% des élèves scolarisés dans des classes bilingues).
La langue bretonne, si nous ne faisons rien, disparaitra. C’est tout un patrimoine
régional qui est donc menacé et nous avons besoin, pour relever le défi du bilinguisme en Bretagne d’un déclic politique. Nous ne pouvons plus attendre que nos politiques répondent juste à des
attentes. Ils doivent être les initiateurs et les leaders qui amèneront notre région à une prise de conscience générale en faveur de la langue bretonne.
Le Mouvement Démocrate est un mouvement qui prône la régionalisation. Nous défendons des
régions fortes au sein de l’Europe. Il est donc normal qu’en défendant les régions, le MoDem défende également les cultures régionales.
J’appelle donc le Mouvement Démocrate à se donner comme objectif la signature de la Charte Ya d’ar
Brezhoneg.
Cette signature symbolisera deux choses :
-La reconnaissance officielle de l’Office de la Langue Bretonne par le MoDem. Elle permettra ainsi de montrer notre engagement dans cette voie. Les élus régionaux ont voté toutes les propositions de la majorité régionale en place en faveur du breton. Ils ont voté la transformation de l’Office de la Langue Bretonne en Etablissement Publique. Nous devons aller encore plus loin et montrer concrètement
notre attachement à notre langue régionale.
-Une prise de conscience des militants du MoDem
et de tous ces sympathisants. Aujourd’hui, les élus démocrates financent, au travers des municipalités qu’ils dirigent, les engagements pour la langue bretonne en subventionnant des
associations comme Diwan mais également l’Office de la Langue Bretonne elle-même.
Il est essentiel que nous passions à la vitesse supérieure car la langue bretonne est en danger. Nous devons mettre en place la pédagogie nécessaire au sein de
nos instances ainsi que les outils qui nous permettront d’en faire la promotion (sur nos sites, tracts, affiches…).
C’est un sujet dont j’avais déjà parlé
lors des Elections Européennes de 2009. A l’époque, nous étions déjà en campagne et le moment n’était pas opportun mais nous entrons aujourd’hui dans une campagne régionale. C’est le moment de
montrer notre engagement pour le breton avec des actes et pas seulement des paroles.
Derniers Commentaires